Festival Rock in Bourlon (Bourlon - 62) - 26 au 28 juin 2026
- BGP Music Live

- 26 août
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 août
Le report de ElDutcho, notre special guest de l’été
(Un concert review non professionnel, non exhaustif et peu objectif :)

Jour 1
Toru
Pour bien commencer le festival, la prog RiB propose ces frenchies et leur free noise metal expérimentalement chaotique sur la scène du Paon à 17h30. Le trio est composé de deux guitares (dont une 8 cordes) et une batterie qui fusionnent parfaitement pour proposer un monolithe musical alternant explosions noisy et temps calme. La couleur rose fluo de la guitare assortie à celle du tambourin du batteur devient le seul et dernier signe de gaité dans ce set qui constitue en quelque sort la BO de la fin de notre pauvre monde.
Les inspirations tribales de quelques morceaux sur la fin du set font sortir quelques festivaliers de leur torpeur (faut dire que la canicule toussa toussa…) et Toru finit son set sous des applause fortement méritées. Belle découverte à réécouter.
Bank Myna
Le trio parisien présente sur l’Abreuvoir son post rock aérien porté par une chanteuse à la voix envoûtante avec des montées hyper cool accompagnant un joli soleil couchant (qui ne gâche rien). On pense très fort à Messa (même si la comparaison n’est pas en faveur de cette belle découverte).
Mourir
On a déjà vu/entendu des groupes de black sur ses appuis, mais pas souvent de Toulouse. Le son est excellent. Le public s’amasse conquis pour démarrer la première soirée de ce RiB 2026. La section batterie/basse est imparable. L’ambiance funeste. La fin du monde sur un triton. Live and let Mourir play !
Author & Punisher
Tristan Shone, ingénieur mécanique de son état, utilise son attirail sonore « fait maison » pour délivrer un set metal indus extrême de qualité. Et ce n’est pas la ré-interprétation de Glory Box (Portishead) qui gâchera le set, bien au contraire. Merci pour le déplacement ! (from San Diego tout de même)
Vacuous
Il y a des groupes qui laissent stupéfait. Les Londoniens de Vacuous et leur death extrême teinté de grunge (oui de grunge) en fait partie. What the hell happened?!
Nothing
Grosse attente du RiB, Nothing débarque à l’Abreuvoir avec son shoegaze planant.
Mais, malgré un public qui les attendait , malgré une technicité hors du commun (quel batteur !) et malgré la tombée rafraîchissante de la nuit, les américains de Philly ne parviennent pas à emmener le public de Bourlon avec eux. Une découverte honnête sans véritable engouement.
King Yoseph
Découverte pour ma part de ce projet monté par le touche-à-tout Tayves Pelletier. L’américain prend ici la forme d’un frontman mi-homme, mi-ours, emmenant un trio platines/batterie extrêmement qualitatif. Dire que King Yoseph joue du metal indus/hardcore extrême serait trop modéré. Le problème de micro du début du concert (qui a failli se terminer en fait divers dans le Pas-de-Calais pour le staff technique du Bourlon) a réveillé la rage du gars qui nous a littéralement dérouillé à grands coups de hurlements saturés hardcore. Monsieur Pelletier aura eu l’honneur de déclencher le premier circle pit du week-end.
Agriculture
(Alors là je ne serai plus objectif tant j’hyper kiffe ce groupe)
Une attente énorme vu la popularité exponentielle de ce band from LA ces dernières années. C’est LA tête d’affiche (avec l’oncle sous acide). Mais c’est pas un souci pour ces américains qui débarquent en totale détente, tout sourire. Déchaînement musical total, puissant, purifiant. Malgré un niveau technique au plafond, les musiciens donnent une impression de facilité, échangeant généreusement avec les premiers rangs. Le feeling est palpable, le message délivré plein d’amour dans une tempête de black metal. Le groupe pioche dans tous ces albums alternant moments étranges et bangers (Bhodidharma !). Moment extatique s’il en est.
Youth Code
Dans la lignée de King Yosef, passé 2h plus tôt sur la scène du Paon (aussi), Youth Code envoie son électro indus métallique portée par une chanteuse qui s’arrache la corde vocale (Sara Taylor) et amène le seul aspect humain dans ce monde post apocalyptique où les robots auraient remporté moultes batailles. Trent Reznor a donc une descendance directe dont il peut être fier.
Sylvaine
L’artiste d’origine norvégienne à la voix envoûtante porte la responsabilité de fermer cette première journée du RiB. Après une journée assez extrême (musique comme température) Sylvaine et son crew semblent apaiser le public avec douceur. Mais c’est un leurre car le set monte progressivement en énergie et finit en apothéose, sur un morceau de l’album Nova (2022). Sylvaine nous ouvre les portes de la perception poétique mais aussi celles de la sortie, en assurant la meilleure conclusion possible à cette première journée.
Jour 2
Stress Positions
Le Rock in Bourlon tient sa promesse avec son lot d’excellentes découvertes. Ce quatuor de Chicago emmené par une frontwoman impressionnante déballe son tsunami de punk hardcore engagé d’une efficacité chirurgicale à 16h00 sur la scène principale. Le goûter dans ta face. Ça rentre dans la playlist 2026 direct.
Xiao
On change pas un style qui gagne. Xiao enchaîne avec un set hardcore hyper frontal déclenchant les premiers pogos de la journée (température 38 degrés, ressenti : l’enfer).
Witch (fucking) Fever
Voici une belle claque du RiB 2026, qui prouve encore une fois qu’augmenter la représentation féminine « on stage » n’a que des avantages. Les anglaises nous électrisent dès le premier morceau avec un rock hyper intense aux teintes grunge, doom punk et neometal. La reprise - pas très inspirée - de My Own Summer (Deftones) pour clore le set ne changera pas l’histoire : les meufs de Manchester renouvellent le genre et ont mis tout le monde d’accord. Amy Walpole assure totalement son rôle de frontwoman, rappelant que l’entertainement fait aussi partie du taf ! Avec l’ombre des platanes qui arrive avec le soleil qui descend, le public du RiB est complètement réveillé, conquis et prêt pour la soirée. Merci (putain de) beaucoup.
Poison Ruïn
Que dire que ce groupe de punk qui s’est déplacé de Philadelphie ? J’avoue : rien car c’était le moment « refill Chartreuse » au camping, tout raté. (J’avais prévenu que c’était pas pro).
Denial of life
Bulldozer de hardcore trash bien lourd piloté par une chanteuse solide sur ses appuis. Gros coup de cœur, les américains (Tacoma) déclenchent des circle pit de 5 m de large (taille maximale vu la taille du festival 😉) absolument délicieux avec de nombreux professionnels du genre (windmill, 2 step, rondade ??). Il faisait déjà chaud devant la scène du Paon. Il fait désormais torride.
Conjurer
L’attente « découverte » from Nuclear Blast. Bénéficiant du coucher de soleil offert par son horaire de passage sur l’Abreuvoir, les Anglais installent une ambiance malsaine en déployant beaucoup d’énergie.
Leur post metal aux teintes black hyper technique laisse toutefois une partie du public sur le chemin.
Frontierer
La journée bourrine du RiB bat son plein quand les Écossais débarquent pour « plier le game » comme disent certaines personnes (peu contemporaines de François Mitterrand). Frontierer réinvente le hardcore avec une touche de math prog et une frontalité sans détour. Le chanteur, content d’être là, débarque dans le pit pour un morceau tandis que le guitariste assène ses riffs surpuissants en stage diving, porté par le public du Paon, incandescent. Frontierer déclenche probablement la plus grosse claque de violence du fest, avec le sourire. La prochaine fois, on met un kilt !
Conan
21h05 est l’exact horaire de démarrage de la punition infligée par les gars de Liverpool. Difficile de faire un son plus lourd, tous les potards sont réglés sur 11. Ce doom a le goût de cette fin de journée de taf horrible où tu as envisagé le meurtre et que seul le Code Pénal t’en a empêché. Avec la légèreté d’un mammouth laineux, Conan passe le rouleau compresseur sur l’Abreuvoir, pour le bonheur de nombreuses personnes des cavernes amassées devant la scène. Aucune reprise de la Compagnie Créole à noter.
Cryptic Slift
Les anglais proposent leur death/trash metal hyper technique sans le petit plus qui emmènerait tout le monde dans leur univers de chevelus en pantalons moulants stylés.
Bruit <
Le show expérimental des Toulousains assez captivant d’originalité a hélas subi un coït interruptus en plein milieu à cause de l’arrivée d’un violent orage qui a obligé l’orga à évacuer le site. A réécouter au sec.
Jour 3
Fange
Relégué le dimanche à 14h (à cause de l’orage de la veille) les bretons attaquent cette troisième journée avec un set hyper agressif de sludge mixé avec quelques touches d’électro-indus -> pas évident d’adhérer sur ce créneau un poil matinal pour un 3ème jour de fest, mais force est de constater que la qualité musicale est au rendez-vous.
Moondrag
Voyage spatio-temporel dans les 70s avec ce duo fraternel hyper tripé qui attaque un public usé dès 15h30 à l’Abreuvoir. Line-up minimaliste (batterie + orgue électronique) Le groupe dénote du reste de la programmation par son côté « lumineux - accords majeurs & bonne vibe » et emporte le public avec lui, avec un plaisir d’être là psychédéliquement contagieux.
Occult Hand Order
Pas simple de jouer à 16h00 sous le soleil de la scène du Paon. Les lyonnais de OHO n’en ont que faire et envoient un set captivant de doom contemplatif aérien, sombre et tout autant satisfaisant.
Handgemeng
Quelle belle découverte (encore une !) que ce groupe de norvégiens, descendants directs d’un Lemmy qui aurait continué les psychédéliques. Les riffs sont « francs du collier » honnêtes et droits. Ce quatuor rock stoner Motörheadisant gagnerait à être plus connu. Une machine à rock sale parfaitement huilée qui enchante l’Abreuvoir.
Green Milk from the Planet Orange
Probablement la proposition la plus barrée du festival. Ce groupe nippon a posé ses flight cases à Bourlon pour un set captivant, entremêlant délires improvisés, ambiances planantes, rock progressif et passage complètement rock punk. A noter que le trio joue assis. Et lorsqu’au milieu du dernier morceau ils se lèvent, l’osmose avec le public du Paon devient parfaite laissant les spectateurs sous un magnifique choc mental made in Japan. A suivre de très près !
Electric Citizen
Encore une intelligente proposition du Rock in Bourlon qui invite cette formation rock/doom psyché de Cincinnati en pleine explosion. Le groupe, qui a sorti son premier EP en 2014, maîtrise clairement son sujet et met en valeur l’énigmatique Laura Dolan, qui enchante par ses vocalises la dernière après-midi torride de l’Abreuvoir. Le son est propre, professionnel. On regrettera toutefois un léger manque d’originalité au milieu d’une prog globalement assez sauvage en termes de prise de risque artistique.
Albert Jupiter
Ce sympathique duo basse-batterie Rennais compense ce minimaliste set up par une créativité enivrante. Le combo installe des ambiances hyper perchées aux influences post rock très planantes.
Un mélange de textures sonores très inspiré qui entraîne logiquement l’adhésion du public. La Bretagne a du talent !
Maquina.
Quel meilleur choix de prog que de proposer cet hyper trio lisboète en début de dernière soirée sur l’Abreuvoir. Une machine à faire bouger les corps fatigués de 3 jours de fest… Maquina envoie une énergie de malade, insane in da membrane. Concours de crowd surfing remporté haut la main par les Portugais qui laisseront un public électrisé par un set sur mesure.
Coltaine
En alternant moments calmes et éthérés avec des explosions extrêmes, Julia Frasch chanteuse d’apparence angélique, démontre sa maîtrise du chant clair/guttural comme une ancienne déesse de la Forêt Noire. Deutsche Qualität!
REZN
Gros coup de cœur que ce groupe de stoner prog hypnotisant qui propose un trip au tempo cardiaque, ultra maîtrisé. Ce quatuor de Chicago nous fait le plaisir de dévoiler leur nouvel album (sortie prévue 1 mois après) dont le morceau Rites Of Passage qui termine avec un riff d’une lourdeur à faire pâlir une baleine bleue.
FAETOOTH
Une grosse claque de doom envoyée par ce « girl band » from LA. Des patronnes. Synergie parfaite pour un groupe pas si vieux (2019), c’est « carré as fuck », totalement maitrisé. Et le public du Paon ne s’y trompe pas.
Uncle Acid & the Deadbeats
L’incontournable éléphant dans la pièce de cette excellente édition. Sans concession, sans demander la permission et sans aucun effort, le quatuor de Cambridge s’empare du RiB tel un hold up annoncé.
Ce son vintage si particulier fait office de dernière goutte d’acide complétant parfaitement la magique expérience qu’a été le Rock in Bourlon 2026.
Merci et à l’année prochaine !?
ElDutcho
Special guest pour BGP MUSIC LIVE





Merci !