Pour marquer la fin du mois de mars, Les Tambours du Bronx ont posé leurs bidons à Paris. Mais ils n’étaient pas seuls : ils ont embarqué Psykup, Klone mais aussi Nanowar of Steel dans leurs bagages. La soirée promettait donc d’être musicalement très variée.
Psykup
Conflit d’agenda oblige, j’ai malheureusement loupé la majeure partie du set de Psykup. Je ne pourrais donc pas en faire une description détaillée. Néanmoins, j’ai adoré la dernière chanson. La polyphonie en était la principale force. Elle apportait à la fois de la complexité harmonique mais aussi de la douceur, en contraste avec le scream et les riffs bien énervés.
Setlist :
Chaos Why Not
Sun is the Limit
We will Win This War
Love Is Dead
Cooler Than God
Your Vision
Happy Sad
Nanowar of Steel
La programmation de Nanowar of Steel au milieu de cette soirée semble un peu… à contrepied. J’admets être arrivée avec quelques a priori sur le groupe italien, que j’ai soigneusement évité jusqu’ici. Mais, si l’on embrasse le beauf caché en chacun de nous, il y a moyen de passer un bon moment.
Musicalement, on a affaire à du metal parodique sur fond de power. Le tout servant de bande-son à un défilé de costumes loufoques (Cthulhu, mascotte chouette, tutu…).
Leur fanbase parisienne est solide, fidélisée par le bassiste et sa maîtrise de la langue française. Il est indéniable qu’une bonne partie du public était là pour eux. La fosse était aux anges. Il faut dire que le groupe sait ce qu’est un show. L’enthousiasme était à son comble lorsque le bassiste et l’un des chanteurs ont switché leur place pour interpréter… Brave Margot de Georges Brassens. Du génie.
Pendant les parties instrumentales de Valhalleluja, le frontman s’est attelé au montage d’une table basse Ikea. Le bougre est doué, je lui demanderais bien de l’aide pour ma prochaine étagère.
Durant ce set, je me suis surprise à bouger de la tête, sourire et même chantonner. Ce qui se passe au Trianon reste au Trianon. Le show était carré, débordant de bonne humeur. Les musiciens ne se prenaient pas un seul instant au sérieux. Bien joué.
Setlist:
Uranus
The Call of Cthulhu
Il cacciatore della notte
Disco Metal
Norwegian Reggaeton
Brave Margot
Valhalleluja
Klone
La transition entre Nanowar of Steel et le groupe suivant était un peu brutale. En effet, avec l’arrivée de Klone, on a retrouvé un mood plus sérieux. De bon enfant, l’ambiance est devenue planante. L’utilisation massive de reverb et autres effets conférait à l’atmosphère un caractère presque irréel. Le groupe poitevin n’est plus à présenter tant il a pris de l’ampleur ces dernières années.
La composition est riche, Klone évolue sur un fil tendu entre douceur, tension et riffs lourds. Le jeu incisif de Morgan (Myrath) à la batterie perce les nappes de guitare. Très axé sur les toms, il apporte un caractère tribal mais surtout un équilibre à l’ensemble. La voix de Yann Lignier semble percer le brouillard. Un cri déchirant qui prend aux tripes et qui nous fait voyager immédiatement.
La prestation est techniquement impeccable, d’un point de vue instrumental, vocal mais aussi scénographique. Les jeux de lumière étaient en parfait accord avec la musique, subtils malgré la quantité astronomique de fumée, mettant en place une ambiance mystérieuse et onirique. Même si, je l’avoue, j’ai passé une bonne partie du set les yeux fermés, en pleine introspection. Je n’étais pas la seule : le public était comme en transe. S’il était moins remuant que lors du set précédent, personne ne semblait en perdre une miette.
J’ai eu un coup de cœur pour l’interprétation de Silver Gate, qui prend tout son relief en live. Klone sera au Hellfest 2024, le vendredi après-midi. Je sais déjà que je serai à la barrière.
Setlist :
Night and Day
Rocket Smoke
Bystander
Immersion
Army of Me
Silver Gate
Yonder
Les Tambours du Bronx
Pendant un changement de plateau plus long que les précédents, on pouvait enfin observer l’arc de cercle de bidons se mettre en place. La fan de percussions que je suis était aux anges.
Les neufs musiciens arrivaient enfin et ils étaient, comme d’habitude, bien accompagnés : Franck Costanza (ex-Dagoba) à la batterie, Arco Trauma aux claviers, Stéphane Buriez (Loudblast) et Reuno (Lofofora) au chant. Le grand absent de cette soirée était Renato (Dropdead Chaos). Un autre chanteur que je n’ai pas reconnu à assurer ses parties. Il s’en est tiré avec les honneurs. C’est fou de voir tout ce beau monde complice sur scène malgré la multiplication des projets de chacun.
Voir Les Tambours en live est toujours aussi impressionnant. Les vibrations dues aux chocs des maillets sur le métal se propagent jusqu’aux entrailles et font monter l’adrénaline. L’amitié qui lie tous les membres nous donnait l’impression de faire partie d’un tout.
Le set a commencé sur les chapeaux de roue avec Le Début de la fin, qui ouvre également le dernier album Evilution, suivi par The Power. Reuno était donc le premier à prendre le micro. Si les trois chanteurs se transmettaient le lead tout au long du set, on voyait souvent les autres assurer les chœurs, dégageant ainsi un bon esprit de camaraderie. Quelques chansons plus tard, Stéphane Buriez a pris le relais pour trois covers de Sepultura. Le style du groupe brésilien se fond parfaitement avec l’esthétique industrielle des TDB.
Sepultura n’a pas été le seul groupe repris puisque le show s’est terminé sur une magnifique cover de Dragula (Rob Zombie), interprétée par l’ensemble de cette belle équipe. Quoi de mieux pour clôturer un show de metal indus que de reprendre un maître du genre !
Setlist :
Le Début de la fin
The Power
Refuse, Resist/Roots/Territory (Sepultura covers)
Ghosts
Lion’s Share
Double Devils
Jungle Jazz
Mirage Eternel
U Lost
Chaos
Am I Dead Enough
New Day
Le Festin
Dragula (Rob Zombie over)
Malgré une programmation qui manquait un peu de cohérence, le public était au rendez-vous. Complètement désinhibé par le martèlement primaire des maillets, il chantait et sautait sans retenue. Cette soirée est mémorable à plus d’un titre. Les TBD sont une formation qui ne se révèle réellement qu’en live. Elle met le feu aux planches et aux tripes d’une manière qui ne peut se retranscrire sur disque (même si elle reste sympa à écouter).
Si vous voulez en savoir plus sur le groupe, n’hésitez pas à aller jeter un œil à l’interview faite lors de la sortie de leur dernier album :
Un grand merci à Agence Singularités pour l’invitation. On se retrouve bientôt pour un prochain live report !
Ciao
Klo
pour BGP MUSIC LIVE
Portfolio
LES TAMBOURS DU BRONX
KLONE
NANOWAR
PSYKUP
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