Chronik : PËRL - "Architecture du vertige"
- Marion C.

- il y a 1 heure
- 3 min de lecture

Sortie le 24.10.2025
Album enregistré et mixé par Etienne Sarthou (studio HEMLIG)
Masterisé par Magnus Lindberg (studio REDMOUNT)
Label : Terre Ferme
Promo : Klonosphère
Përl - “Architecture du vertige” : un voyage initiatique entre ombre et lumière
Le groupe Përl, véritable joyau de la scène musicale, s’affirme avec “Architecture du
vertige”, un album épatant à la croisée du post-metal et de l’indie-pop. Plongeant dans un
dark-rock audacieux, le groupe s’aventure sans crainte dans les sphères de l’extrême, tout
en conservant une profondeur émotionnelle fascinante.
L'atout majeur de Përl réside indéniablement dans la voix impressionnante d’Aline Boussaroque. Son chant, puissant et d’une clarté remarquable, élève chaque mot et met enavant des paroles qui frappent par leur intelligence et leur sensibilité.
Dans un univers où la compréhension des textes peut parfois se perdre dans les guitares saturées, Përl réussit à faire résonner des mots qui laissent une empreinte indélébile.
Les textes sont fondamentaux chez Përl, et avec cet album, on comprend très vite pourquoi.
“Architecture du vertige” est un album qui jongle habilement entre ombre et lumière, me
rappelant le clair-obscur de Georges de La Tour, dont j’ai pu visiter l’exposition récemment.
À l’écoute de l’album, comme lors de l’expo, j’ai ressenti cette même dualité esthétique, une
beauté troublante et saisissante qui aurait pu accompagner mes réflexions ce jour-là, si j’avais eu la riche idée de poser le son de Përl sur ce que je voyais ce jour-là. L'album magnifie cette dichotomie, créant un paysage sonore à la fois sombre et radiant,
captivant l’auditeur dès les premiers accords.
Dès l’ouverture, l’album se révèle créatif et parfois déstabilisant pour ceux qui découvrent
Përl pour la première fois. La première surprise vient de la reprise audacieuse du titre
"Fjara" de Sólstafir, réinterprété avec brio en français (et mon gros coup de coeur de
l’album). Ici, Përl nous offre une leçon d’efficacité, prouvant que la maîtrise du style, alliée à
une vision unique, peut magnifier les œuvres des autres artistes.
L’album accueille d'autres collaborations qui ajoutent une dimension supplémentaire à cette
expérience musicale. La présence de Sam Pillay, membre de Point Mort, sur “Land’s end”,
enrichit l’écoute, tandis que les interventions élégantes du saxophone de Yannick Renaud,
sur “Fjara”, insufflent une atmosphère à la fois intime et captivante, créant des moments
d’une finesse rare. Ces mélodies viennent rehausser la mélancolie intrinsèque de l’album,
rendant chaque morceau encore plus évocateur. Përl ne se contente pas d'explorer de nouvelles sonorités ; les musiciens vont au bout de leurs idées avec une maîtrise incontestable de leur concept.
“Architecture du vertige” est un album à la structure raffinée, une œuvre à la fois fragile et puissante qui vous enveloppe dans un univers atypique et intrigant. Émotionnellement, l’album fait forte impression avec des rythmes envoûtants, que l’on vit différemment à chaque écoute vous découvrez Përl avec cet album, il est conseillé de s’accrocher jusqu’au bout, car les surprises se cachent dans chaque morceau.
Le titre de l’album,“Architecture du vertige”, est évocateur de son contenu. Les variations de
style déstabilisantes et la construction aérienne des morceaux laissent une empreinte profonde. Chaque écoute révélera des couches de poésie dissimulées derrière les guitares
et les percussions, appelant à une réflexion plus intime.
“Architecture du vertige” n’est pas simplement un album à écouter, mais une expérience à
vivre. Dense et riche, il nécessite plusieurs écoutes pour se l'approprier pleinement et
savourer toute la profondeur de ses compositions. Përl a créé une œuvre dont l’impact
résonne longtemps après la dernière note, une invitation à explorer les tréfonds de l’émotion
humaine à travers la musique.
Marion Boesch
pour BGP MUSIC LIVE



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