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Live Report "Hellfest Open Air 2023" by BGP MUSIC LIVE

Dernière mise à jour : 25 août 2023


Et nous y voilà, un an après l’édition 2022, je reviens te conter mes 4 jours au Hellfest pour BGP Music Live.

Petit « warning » tout de même : tout ce que je vais écrire, que ça soit sur les groupes ou sur le fest en général, ça ne reflète que ma perception (et il n’y a pas plus subjectif qu’une perception). Donc parfois on sera d’accord, parfois non. Au final ce n’est pas grave hein. Viens pas m’embêter pour ça, de toute manière je suis trop fatiguée pour m’embrouiller (le HF après 40 ans, c’est le Mal) !

Allez, tout ça étant dit, je t’emmène déambuler avec moi sur les 15 bornes (environ) qu’on a parcouru pendant le Fest. Ah et juste avant pour des histoires de contexte, sache que ma team de base était composée de trois personnes : moi-même (c’est mieux), David que tu connais sous le pseudo de Poussin sur BGP et qui est aussi mon compagnon et Laurent, mon ami de fest, que je connais depuis 25 ans et grâce à qui je ne trouve plus que Metallica est trop violent.

 

JOUR 1 et LE OFF du LECLERC Clisson

Bon en vrai, c’est plutôt un jour 2, parce qu’on était présents la veille sur le Hellfest- Le OFF dont BGP est partenaire. L’occasion de commencer à dire bonjour aux copains et de voir notamment les sets de The Flying Bricks et Locomuerte (mais on reparlera plus loin de ces deux groupes).


Ktpn N3mo & The Flying Bricks


On a ensuite filé sur le stand ESP dans la Hellcity pour voir la démo de l’excellent Nils Courbaron (mais là aussi, on en reparlera).

Puis, on a profité du Kraken évidemment !


Après un excellent moment au

restau Olio e Burro dans le centre de Clisson (je te recommande et le restau, et le centre de Clisson !), on se dépêche de rejoindre le Hellcity pour assister au concert de Locomuerte sur la Hellstage.


C’est la troisième fois que je les vois en deux semaines (coucou la Maroquinerie pour la première partie de Dropdead Chaos et le OFF la veille – c’est cool, tu suis !), donc autant te dire que je sais déjà que c’est le concert parfait pour attaquer le fest. Locomuerte c’est ce qu’on pourrait appeler de la fusion hardcore mais alors calliente comme jamais !

L’énergie et la bonne humeur du groupe

associées à un putain de niveau pour chacun des membres font qu’ils sont

capables de retourner n’importe quel public. Et on aura rarement vu la Hellstage dans cet état !


Bon, c’est après que les emmerdes commencent. Dans ma très grande naïveté, je me suis dit que ce set allait permettre au gros des troupes de passer la cathédrale et qu’on pourrait se diriger après tranquille vers Hypno5e que j’ai tellement hâte de voir ENFIN en live. Mouahaha, oui je suis un peu bête comme fille, je n’arrête pas de le dire. Mais sans déconner Hellfest, c’est quoi cette gestion catastrophique du flux alors que ton premier concert débute à 16h30 ?… Bon autant te dire que j’ai largement loupé Hypno5e.

Par contre, on arrive à temps pour Kamizol-K, les grands gagnants du tremplin de cette année, mais pas assez à temps pour avoir une place digne de ce nom dans une Warzone déjà bien remplie (et ça, c’est vraiment top pour eux). Je suis donc le set de très loin, ma première bière bien méritée à la main. Ce que je retiens, c’est que même à la cool, ça envoie sévère, et qu’ils avaient une capacité à capter n’importe quelle personne qui semblait passer un peu par là par hasard. J’ai vraiment hâte de les voir dans des conditions plus favorables lors du Aütfest Festival


Je sais que je ne pourrai pas faire l’aller-retour à la Hellcity vu le bordel encore présent et je loupe donc The Discord, et vraiment, ça m’a saoulée (mais on aura l’occasion de reparler d’eux). Par contre du coup, on était bien placés pour Poésie Zéro. Et c’est le moment où je vais commencer à me faire des amis…

Je t’enlève tout suspense : j’ai adoré ce set (visible sur Arte Concert ici :

Non seulement c’est un groupe que j’aime d’amour et que je voyais pour la première fois, mais il a réussi à remuer ce qu’il fallait dans ma conscience et mettre des mots sur un ressenti sous-jacent. Alors oui, ils étaient clairement là pour passer des messages. Oui, ils n’ont pas joué les morceaux les plus attendus et je pense que c’est un choix. Oui, si tu n’es pas capable de prendre du recul sur toi-même et tes propres « dissonances cognitives », tu n’as pas dû passer un bon moment. Mais perso, j’ai ri tout le long, j’ai acquiescé très fort, j’en suis ressortie avec la banane jusqu’aux oreilles et une idée plus claire de comment allait se passer mon fest. Et c’est clairement un concert qui a raisonné en moi pendant les 4 jours. A voir, vraiment !


La nouvelle configuration de Valley (ma deuxième maison) nous permet de rejoindre rapidement le set de Dvne. Ce groupe, c’est une découverte de dernière minute. Je t’explique. Je suis une psychopathe et quand la programmation Hellfest sort, j’écoute 3 chansons d’absolument TOUS LES GROUPES. Oui, oui, parfois, c’est beaucoup de souffrance. Et Dvne je les avais dégagés, me demande pas pourquoi, je ne sais toujours pas. Mais bon, Laurent (cf intro) m’a dit que c’était bien, et Laurent je le crois toujours, j’ai réécouté et putain c’était plus que bien quoi. Dvne c’est du gros sludge/stoner qui est déjà bien lourd en album mais qui t’écrase carrément en live, magnifié par la voix de Dan Barter. Un excellent moyen de découvrir cette nouvelle Valley (mais je reparlerai de ce que je pense vraiment de Valley 2.0 plus tard).

Bon allez direction la Mainstage quand même un peu pour un des sets que j’attendais le plus, celui d’Architects !


J’ai abandonné l’idée de voir Hollywood Vampires (cf Poésie Zéro) mais j’aperçois la fin du set. Le doigt que je fais à Johnny Depp en passant ne plait pas à certains mais je m’en foufoune. Par contre Alice Cooper, je t’aime !

Revenons à Architects. J’ai déjà pu les voir en première partie de Metallica au Stade de France (oui je me la pète méchamment, mais c’est moi qui écris !), mais le son était tellement merdique que sur les trois premières chansons, si tu ne connaissais pas, il était impossible de percevoir une quelconque cohérence. Bon bah je peux te dire que dans d’autres circonstances, ça a remué du popotin et des cervicales ! Architects fait dans le metalcore oui, de plus en plus accessible avec les années oui, je commence à saturer du metalcore OUI, mais ils font ça à leur manière, avec leur patte, en restant toujours modernes et à part. Il y a un niveau de fou général et clairement la voix de Sam Carter est une de mes préférées dans ce genre. T’ajoutes à ça le fait qu’ils aient joués à la nuit tombée, et ça donne un show au sens noble du terme, visible d’ailleurs sur ARTE

Bon, je suis restée voir l’arrivée de Kiss (ok c’est sympa) le temps de les entendre dire qu’ils étaient le meilleur groupe du monde et jouer « Detroit Rock City ».

Et voilà. Bref, j’ai vu Kiss...

S’est alors présenté mon premier gros cas de conscience : Amenra et Behemot n’ayant jamais vu aucun des deux (oui j’ai des années à rattraper, je sais). Mais Amenra quoi, AMENRA ! On a donc scindé l’équipe et j’ai rejoint Valley, et putain je vais avoir des choses à dire sur cette nouvelle scène. Bon Amenra était colossal. Tu peux le vérifier sur ARTE ici


Colin H. van Eeckhout était dans un bon jour et il a daigné se retourner de temps en temps. Ils ont joué des morceaux de toutes les périodes, dont ma préférée, ça aurait pu être mon meilleur concert mais… MAIS ! Colin s’est retourné sur un public assez merdique en soi. Sincèrement, je me suis embrouillée trois fois. J’ai tout eu : le mec qui répond au téléphone et son pote qui s’excuse et me dit de prendre sur moi, les gars qui tapent la discut et qui te répondent du haut de leurs 20 piges « bah quoi c’est le Hellfest » quand tu leur demandes de bien fermer leur gueule. D’ailleurs si vous vous reconnaissez, allez bien faire des trucs sales avec vos mamans. Le mec de 2 mètres 10 qui arrive aux trois quarts du set et qui se cale juste devant ta gueule… C’est la première fois que je me suis rangée aux discours présents depuis plusieurs années et qui dénoncent la présence de « touristes ».

Et pourtant, tout le monde sait que je ne suis pas la dernière à lever le coude et faire la fête. Mais à un moment, va sur la Mainstage, va au bar, va au camping, mais pas sur un concert d’Amenra quoi.

Et on verra plus tard que le problème était récurrent sur Valley. Elle est à mes yeux devenue l’ancienne Warzone : la configuration est bof, ce mur qui sépare de la roue ne sert à rien, bref bouuuh. J’en suis arrivée à un stade où j’en suis partie avant la fin, j’ai maté la dernière chanson de Behemot et voilà.

J’ai fini la première journée très légèrement colère et, je t’avoue, un peu inquiète pour la suite de mon fest.

 

JOUR 2 :

Bon celui-là, on pourrait l’appeler « jour des petits joueurs » parce que clairement, on a accusé le coup et la journée n’a pas été très chargée. C’est ça de vieillir !


Après un passage au fameux nouveau merch (no comment sur ce sujet, sinon il y aurait une page de plus à cet article déjà bien trop long pour les standards attendus ! Par contre, le bâtiment est vraiment chouette) squattage au stand café, la journée a donc commencé avec l’excellent set de LLNN. Et autant dire que du sludge/post-hardcore ça te met dedans encore plus que le café. Particularités notables de ce groupe que je suis ravie d’avoir découvert pour l’occasion : l’utilisation du synthé et la voix de Christian Bonnesen, une des plus mémorables du fest selon moi.


Gros crève-cœur ensuite entre ACOD et Helms Alee.

Franchement, avoir mis Valley et Temple en même temps, ce n’était pas l’idée de l’année.

Et sur ce coup je n’ai pas tranché. J’ai commencé par le savant mélange black/death des français que je devais rencontrer le dimanche matin. Et effectivement, ils nous ont offert un set carré, violent autant qu’envoutant. Suffisamment envoutant pour que je ne vois pas le temps filer. J’ai donc cavalé comme je pouvais vers ma deuxième maison pour saisir deux chansons de ce qui restera une de mes meilleures découvertes à l’écoute des groupes à l’affiche : Helms Alee. Je ponce bien leur discographie depuis. Le trio œuvre dans une catégorie mélangeant rock/sludge et post-hardcore. Sur le papier, ça avait tout pour me plaire, mais peut-être que le fait de prendre le train en marche n’a pas aidé, mais ça n’a pas pris de mon côté.

Je ne reste d’ailleurs pas jusqu’au bout et traverse le fest dans l’autre sens pour rejoindre Affect au VIP pour une interview avant leur passage. Une de mes plus belles rencontres à voir ici

Je loupe le début du set d’Akiavel et apprécie donc de loin tellement Temple est blindé. Et c’est mérité. On était contents chez BGP de voir leur nom apparaître dans le running order au dernier moment, ça nous avait bien consolé de quelques pertes. Si tu ne connais pas encore ce groupe français de death melo au son bien groovy, déjà, ça ne devrait pas durer tant leur passage a été remarqué, et je t’encourage à aller jeter une oreille.

Bref, le set était absolument énorme, combinaison du talent des membres et de leur plaisir bien visible d’être là.


Ce samedi est LA journée de nos groupes "fétiches". Un peu nos bébés que l'on a vu grandir quasiment en même temps que nous, d'ailleurs ! Et oui BGP suit et soutient l'"émergent" et cette année nos émergents à nous ont bien émergés ! Après les AKIAVEL, le sud est de nouveau à l'honneur avec les avignonnais de SCARLEAN qui se paie une MainStage 1 , matinale certes, mais quand même putain ! Le public est là et bien présent pour supporter le quintet. Le show et la météo sont au rendez-vous pour notre plus grand plaisir pour un réveil tonique, juste comme il faut ;-) Merci les gars !


On sent une petite pression, faut se l'avouer mais bon franchement qui ne l'aurait pas, hein ? Le temps d'un ou deux titres et la machine est lancée. Alex, le vocalist, donne toute ses tripes et ça se sent ! Quelle satisfaction ! Chacun à son niveau dans le staff SCARLEAN (ingé light & ingé son) est sur le pont pour faire de ces quelques minutes de show un moment inoubliable ! Ben

 

Retour à la maison pour une petite séance de doom instrumental avec Bongripper. La lourdeur absolue de leur son me transporte quand je l’écoute tranquillement à la maison, mais je t’avoue que j’étais un peu inquiète de ce que ça pouvait donner en écoute live. Et inquiétude confirmée pour ma part : je me suis ennuyée à mourir au bout d’un moment et je ne suis pas restée jusqu’au bout. Impression partagée avec les autres membres du trinôme. Parfois, ça ne prend pas, sans raison particulière.


On prend donc le chemin de la Hellcity sur laquelle on va camper quelques heures. Session The Flying Bricks tout d’abord qu’on écoute depuis la sortie de leur dernier EP sur BGP.

Et j’étais franchement curieuse d’écouter les nouveaux arrangements des morceaux depuis l’arrivée au chant principal de Mélina. Et on peut dire que c’est une belle réussite, preuve en est la foule qui s’est amassée petit à petit devant la Hellstage. Au-delà de la musique, le groupe a pu passer quelques messages, et perso, c’est ça aussi que j’attends dans mon rapport à la musique.


Et quand je vois Mélina chanter un morceau sur les violences faites aux femmes pendant qu’en arrière-plan plus loin dans la cage, deux nanas se trémoussent pour appâter de la viande saoule, je me dis qu’il y a encore du taf… D’ailleurs on a pu parler de ça et de plein d’autres choses avec eux juste après et c’est visible ici

On se repositionne sur les crashs de la Hellstage pour ne rien louper du set des chouchous d’Affect. Découverte de dernière minute pour moi au moment de la parution du running order final, leur dernier album en français m’avait totalement retournée. Et faut y aller pour me foutre les larmes aux yeux déjà de base, mais alors sur du hardcore (même si parler de hardcore est un peu simpliste) imagine ! La rencontre humaine du matin avait fini de me faire passer de « j’aime bien » à « ok je vous suivrai à jamais » et la claque live a fini de m’achever.

Je range Affect dans la même case de Locomuerte en terme de prestation, des groupes qui te donnent tout : leur talent, leur énergie, leur émotion et qui ainsi peuvent récupérer n’importe quel public. Mention spéciale au circle pit autour de l’arbre, énorme. Et si vous lisez ces quelques mots les gars : oui finalement j’ai pleuré !

S’en suit ensuite un très lonnnnnnng moment d’agonie mais on tient coûte que coûte pour un des groupes que David attend le plus : Botch. Et bah putain ça valait l’attente, et pourtant Laurent et moi ne sommes pas des habitués du matcore. Ça envoyait carrément du pâté, la setlist était extrêmement bien calibrée (et sur des carrières de plus de 20 ans, c’est un exercice difficile) et Dave Verellen a juste une voix à tomber par terre.


Bon par contre l’équipe est dans un sale état et c’est à contrecœur que je quitte le site sans avoir vu Gogol Bordello, un de mes plus gros regrets de cette édition.

 

JOUR 3 :

Ce jour 3, c’est clairement mon jour, et je me réveille avec une patate inattendue malgré le manque de sommeil qui commence à bien se faire sentir.


On ouvre direct avec Cobra The Impaler qui, comme son nom ne l’indique pas, est un groupe belge assez récent de prog / stoner / heavy (oui, oui rien que ça) qui avait été une sacrée bonne surprise à l’écoute. Bon, à l’initiative du groupe, on a juste Tace DC, guitariste d’Aborted et le batteur Dirk Verbeuren de Megadeth. Autant te dire que le niveau et la prod sont impressionnants. En plus, le groupe communique pas mal avec le public et sait remotiver les troupes : « regardez autour de vous, regardez vos voisins ! Il est 10h30 et vous êtes là, ce sont toutes ces personnes les vrais metalheads ». Avec mes quelques expériences de public merdique depuis le début du fest, ça fait du bien ouais.

On est donc quasi sur les crashs pour assister au concert de Bloodywood. Et celui-là je l’attendais beaucoup car je n’avais pu les apercevoir que de loin au Motoc l’année dernière, et ça envoyait déjà une énergie monstrueuse. Outre le fait que j’apprécie beaucoup leur nu-metal (je ne renierai jamais mes origines Neo) mélangé à des sons plus folkloriques indiens, une fois encore on est face à un groupe engagé, dans ses textes et dans ses actions en dehors. Bon bah ça n’a pas loupé, ils ont retourné le truc et les challengers n’ont pas chômé ! 11h30 : les deux mainstages blindées, un public unanime et qui en parle encore même des jours après, Bloodywood aura particulièrement marqué cette édition 2023.


Grosse attente pour moi pour le concert de King Buffalo à Valley. Le groupe de stoner / rock psyché tourne quotidiennement dans mes oreilles depuis leur découverte récente. Mais j’ai un peu la même appréhension de celle que j’avais pour Bongripper. Et fort heureusement, sur ce coup-ci j’ai eu tort. King Buffalo, et encore plus en live, c’est à la fois lourd et hyper planant, ça se différencie par des mélodies extrêmement bien ficelées et la voix très particulière de Sean McVay. Et pour la deuxième fois j’ai pleuré ! Et sur ce coup-là je ne m’y attendais pas, car j’ai lâché ma larme non pas parce que c’était poignant ou que ça touchait une corde sensible, mais juste parce que putain c’était beau quoi.

Je file au VIP pour dans un premier temps tenir la caméra pour l’interview de Laurent Karila qu’on ne présente plus (je pense qu’absolument tous les membres de ma famille m’ont envoyé un message quand ils l’ont vu apparaitre dans mon fil !)


On a enchaîné avec celle des Locomuerte que j’étais beaucoup trop contente de rencontrer après les avoir vu trois fois en deux semaines !


Après avoir traînés un peu en off pour cette rencontre très sympa, j’arrive en retard au set de Riverside. Tu sais que j’aime le prog hein. Je suis restée pour deux morceaux, un très bon et un à chier. J’ai par contre eu le retour du reste du trinôme qui était là depuis le début et qui s’est cassé avant mon arrivée pour deux raisons : ils se sont fait chier à mourir et à cause de l’intro du chanteur qui apparemment a pris soin de préciser que Riverside n’était pas un groupe de metal, qu’ils ne faisaient pas de l’extrême mais du prog et que donc ils ne disaient pas « putain ». En gros. Comment prendre le public pour des cons… mais le karma arrive parfois très vite, on y reviendra.


J’arrive donc à temps pour retrouver mon équipe devant Grandma’s Ashes. Autre annonce tardive dans le running order du Hellfest, je

suivais déjà ce qu’elles font depuis l’année dernière. J’étais donc super contente de les voir à l’affiche, surtout que je n’avais eu que des très bons retours sur leurs lives. C’était propre, c’était carré, les harmonies étaient très belles. Bref, une très bonne prestation. Mais pour moi et les autres membres de ma team, ça n’a malheureusement pas pris. On en a reparlé et on s’est dit que c’était peut-être dû au stress qui ne faisait pas passer du coup la bonne énergie. A revoir ailleurs !

Gros, GROS cas de conscience ensuite entre Puscifer et Gorod. Oui je sais, ça n’a rien à voir l’un avec l’autre. Pour une fois, j’ai suivi la raison plus que le cœur : Gorod tourne plus et ne fait pas payer un rein ses prestations contrairement à Maynard, direction Puscifer donc. Et je ne regrette pas l’expérience même si elle ne laissera pas non plus une marque indélébile dans ma mémoire.


Puscifer donc, comme je viens de le suggérer, est un des projets de Maynard James Keenan, que je ne te ferai pas l’affront de te présenter, et que tu peux classer dans le rock alternatif / indé. C’est tout un concept que je ne prendrai pas la peine de te décrire ici, mais on en retrouvait tous les éléments : l’histoire est mise en place par un clip, les vidéos tout du long sont chiadées, les extra-terrestres et les men in black sont top. C’est carré, peut-être un peu trop, mais c’est clairement une expérience à voir une fois. Ah et tu te rappelles le karma ? Maynard est entré sur scène sur ces paroles (à peu près hein, mon anglais quoi) « on n’est pas un groupe de metal, on n’est pas un groupe extrème, on est plutôt un groupe du milieu. Donc on ne dira pas putain. Allez c’est parti putain ! ». Merci pour ce moment !


C’est bien beau tout ça, mais depuis Bloodywood, on peut dire que je n’ai vraiment pas vu de l’énervé ce samedi. J’ai donc pu aller prendre ma dose avec l’excellent deathcore de Born of Osiris. L’une des particularités du groupe, c’est qu’il n’a pas de bassiste et pas de lead guitare et du coup, ça envoie sévère entre les deux guitaristes. De par son line-up particulier, ce groupe sonne pour moi à part dans la pléthore de propositions (plus ou moins réussies) que nous offre les scènes core depuis quelques années. C’est à la fois technique, bourrin et très mélodique. Excellent moment.


Bon, pour le reste, je trépignais d’impatience depuis des mois. Comme tu peux le lire, on sent bien que même si j’écoute pas mal de trucs différents, que mon cœur peut se partager, mon âme, elle, est à Valley. Alors forcément, quand on t’annonce à la suite Monster Magnet et Clutch, je peux te dire que c’est du caviar et que je suis sur les crashs direct. Pour les deux groupes à la carrière bien remplie, la seule crainte était qu’ils aient un peu trop vieilli. Spoiler : non.


Monster Magnet c’est le renouveau du stoner et du rock psyché apparu au début des années 2000. C’est le groupe que les gens connaissent au moins de nom et putain, dans ce genre musical, les têtes d’affiche c’est quand même rarissime. Ils ont assuré de fou, tellement que les challengers qui sont habituellement en repos sur Valley n’ont pas arrêté. Mon attente n’a pas été déçue, bien au contraire en fait, je ne m’attendais pas à autant d’énergie, du groupe, comme du public.


Et comment te dire qu’avec Clutch, c’était carrément la guerre. Impossible de classer Clutch depuis les 25 ans qu’ils officient. Mets les dans le stoner si tu veux pour la lourdeur absolue de certains riffs et LA VOIX (mais quelle voix nom de Dieu) de Neil Fallon, mais alors ajoutes-y une énorme dose de rock 70’s, une pincée de blues, de funk.

Bref, Clutch, c’est Clutch. Ils ont littéralement retourné Valley et il n’y avait juste plus rien à ajouter après une prestation pareille. Perso, trois semaines après, j’ai encore le sourire jusqu’aux oreilles lorsque je repense à cette soirée (et ce malgré une bonne partie du public qui, ça s’est confirmé, n’a vraiment rien à foutre ici).

 

JOUR 4 :

Le dernier jour (et qui sera bien physique et bien émotionnel) débute avant même l’ouverture du site par l’interview d’ACOD

Et si tu es très attentif, oui j’ai raconté de la merde sur la date de sortie de leur dernier album. Mea culpa : le jour 4 on est quand même un peu au bout de notre vie.

Je file ensuite rejoindre ma très chère Valley une dernière fois pour le set de Doodseskader, et c’était un sacré final. Comment te résumer ce groupe si tu ne le connais pas ?

Déjà sache qu’ils sont seulement deux : le bassiste/chanteur (et quel chant !) Tim de Gieter (qui officie aussi dans Amenra, rien que ça) et le batteur Sigfried Burroughs Et oui, on peut envoyer du lourd à ce point à deux. Bon tu te doutes bien qu’avec un tel pédigrée, on ne fait pas dans la K-Pop mais bien dans le bon gros sludge, teinté de grunge et avec un son qu’on pourrait même parfois qualifier d’électro. C’était vraiment très bon mais j’ai dû partir un peu avant la fin parce que…

Parce que Skynd sur la Mainstage quoi et que je me dois d’être à la crash ! Si tu me connais depuis quelques années, bon bah tu connais déjà parce que je te saoule avec ce groupe depuis trois ans. Skynd est un groupe inclassable (si tu veux, tu peux les mettre dans l’indus mais bon), composé à la base de deux personnages (il n’y a pas d’autre mot) : Skynd la chanteuse, et Father pour tout le reste. Le concept est que chaque chanson retrace un fait divers bien connu. Et la particularité, outre la disto de voix, est que ce projet est à mon sens autant visuel qu’auditif. Je suis fan absolue depuis leur création, c’était encore un moment bien émotionnel pour moi. Et à voir la réaction de ceux qui les ont découvert à cette occasion, on n’a pas fini d’entendre parler d’eux.


Bon ensuite c’est le drame, de la pluie, de la pluie partout, de la pluie dans ma bouffe, de la pluie dans mon café, de la putain de pluie. Au débat de l’année dernière à savoir si je préfère gérer la canicule ou la pluie, je réponds « va bien chier la pluie ! ».

C’est de bien mauvaise humeur que je m’en vais rejoindre le set de The Old Dead Tree. Je ne vais pas refaire le laïus que j’ai fait pour le live report de leur set au Trabendo et tu pourras entendre tout ce que je pense d’eux dans l’interview que tu retrouveras plus bas. Ça fait 20 ans que j’écoute ce groupe, ça en fait donc un des plus vieux groupes de metal dans mes oreilles. J’ai saigné The Perpetual Motion plus que n’importe quel album de Metallica. Voilà. C’était beau, ça faisait du bien de les revoir, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps sur une chanson. Le public était top, on a tous kiffé : les vieux fans comme moi, comme les petits nouveaux et on espère que ce moment présage d’une suite pour le groupe. Pour le reste, je t’invite à écouter tout ça plus bas.


Le moment de grâce passé, on retourne à la pluie. Encore. Là je suis plus que de mauvaise humeur en fait et ce n’est pas sous les meilleurs hospices que j’arrive au set de Treponem Pal. Je ne vais pas m’attarder (et pourtant pareil, groupe que j’écoutais il y a fort longtemps et j’ai interviewé pour la sortie de leur dernier album, que j’ai plutôt apprécié dans l’ensemble). Mais alors là, ça n’a absolument pas pris. J’ai vaguement hoché la tête sur de vieux titres mais pour le reste, j’avais l’impression d’avoir le même morceau en fond. Est-ce que ça venait de moi ou d’eux, va savoir !


Mais évidemment, le soleil revient pile au moment où je rejoins le VIP à un niveau de stress que j’ai n’ai jamais connu en interview, justement parce que je rejoins The Old Dead Tree. Je te laisse découvrir ça. Je sais que c’est loin d’être ma meilleure, mais c’est en tous cas un sacré bon souvenir gravé dans ma mémoire pour moi !

Je ressors la sourire jusqu’aux oreilles, ravie de cette belle rencontre et à l’idée des sets qui vont arriver. Je rejoins ma team pour une belle série de concerts sur les Mainstages à commencer par Hatebreed, LE groupe de ma BO du matin dans les bouchons. J’avoue, celui-là je l’attendais autant que je le craignais. Déjà, j’avoue avoir été un peu surprise par le choix de la scène : compliqué de ne pas voir un grand nom du hardcore sur la Warzone. Et voir pour la première fois un groupe qui a 30 ans de carrière, on sait que ça peut être hyper décevant. Mais point de déception ici ! Le groupe envoie une patate de dingue et à un niveau clairement en accord avec leur nombre d’années de pratique. Parfait pour le cardio !

En parant de cardio, place au set assez controversé d’Electric Callboy.

Bon, perso j’aime les trucs débiles (et va voir leurs clips franchement, en débilité on est à un haut level !), donc la techno allemande mélangée à des riffs et des breaks bien lourds, ça fonctionne sur moi depuis la sortie de leur dernier album.


Et franchement ça a fonctionné sur le public aussi. C’est clairement le moment où je me suis le plus marée avec mes voisins au Hellfest. Et sincèrement, au-delà du côté déconne, tu vois que le set est pensé au millimètres : ils savent faire le show, pas de doute là-dessus !


Deux salles, deux ambiances avec l’arrivée d’Amon Amarth que je n’aurais loupé pour rien au monde. Ce groupe a un effet particulier sur moi : je me mets à m’égosiller instantanément en faisant de grands gestes avec les bras et j’ai envie de buter du dragon ! Et pourtant, j’étais loin d’être fan de leur musique il y a peu encore. Je pense qu’ils m’ont fait un coup de sorcellerie viking quand je les ai vus l’année dernière en première partie de Machine Head, depuis je les surkiffe. Va comprendre. Rien à dire sur le set : t’as toujours envie de leur payer des coups tellement ils ont l’air sympa, c’est plus carré que n’importe quel truc carré, pas de surprise, c’est le même set depuis quelques temps déjà. Mais putain c’était efficace.


On rejoint ensuite la Hellcity et surtout le stand ESP pour presque terminer le fest comme un l’avait commencé. Nils fait encore une démo mais ce coup-ci, il est (très bien) accompagné. Tout d’abord avec des membres d’Early Maggots (un excellent tribute band de Slipknot), mais surtout, il a été rejoint par toute la bande de Dropdead chaos et on peut dire qu’on a presque vécu un concert à part ! Excellent souvenir.

S’en suit une longue pause à base de bonne bouffe et de Muscadet bien frais avant d’aller donner une autre chance à Paradise Lost. Je parle d’autre chance car je les ai vus récemment au Trabendo et j’avais trouvé ça chiant à mourir (et pourtant, j’écoute depuis 20 ans et j’apprécie en album). Après, ils n’avaient pas été aidés par un son bien dégueulasse et un Nick Holmes pas au max de ses capacités. Bon, le son était meilleur. Pour le chanteur, je ne peux pas te dire vu qu’il fait chanter le public à chaque fois qu’il est sensé growler (coucou « As I die »), bref j’ai trouvé ça moins chiant, mais chiant quand même. Après, ce n’était pas l’avis des autres membres de ma team, donc parfois, je le redis, quand ça ne prend pas ça ne s’explique pas.


Je n’ai jamais vu Slipknot et, vu mon âge et mes influences, c’est pourtant un groupe de cœur. Je suis restée pour les trois premiers titres et franchement, je trouvais que ça envoyait sévère, aussi bien musicalement, que visuellement. Mais bon, on regardait ça depuis les écrans à côté des murs d’eau. Autant te dire que mater un bon concert sur un écran avec une bière fraiche, ça s’appelle un vendredi soir chez moi et on a donc décidé d’aller vivre un vrai final à la Warzone avec The Ghost Inside.

ET QUEL FINAL PUTAIN ! Bon déjà, il n’y avait pas grand monde une demi-heure avant le début donc on a pu retrouver Mathieu de BGP et ses potes sur la crash. Une crash barrière à la Warzone pour le dernier concert du Hellfest, tu te doutes que ça a été agité ! Et en plus, le groupe a envoyé bien au-delà de ce qu’on espérait. Unanimement, on peut te dire que c’est vraiment beaucoup plus violent en live qu’en studio. La différence est absolument énorme !

En même temps, le niveau de tous les membres est juste dingue et l’énergie positive qu’ils envoyaient était hyper communicative. J’ai enfin eu l’impression de partager un vrai moment de communion avec le public (et les challengers ! On en reparle bientôt sur BGP ! Teaserrr… Suspense de fou !). Moment prolongé car le feu d’artifice est parti à la dernière note et ça a donné un moment presque poignant, j’ai les poils encore rien que d’y penser.


Du coup pour rester sur ce beau moment, je te passe la gestion totalement foireuse du flux de départ hein pour aller directement à ma conclusion.

 

Et elle est remplie de « dissonances cognitives » cette conclusion.


Les "MOUAIS" ...

Trop de monde, vraiment, et trop de monde foireux à un point que ça en gâche certains concerts.

Une entrée et une sortie de fest gérée avec les pieds.

Une Valley 2.0 qui ne m’a pas convaincue.

Une ambiance bling-bling et influenceurs/influenceuses au VIP qui m’a encore moins convaincue.

Une queue avec un priapisme sans fin (merci Laurent pour cette magnifique métaphore) au merch qui me laisse dubitative.

Une éthique… euh non pas d’éthique en fait.

 

Les "WHAOU" ...

Une programmation de dingue, surtout si tu lis les petites lignes.

Des décors à tomber.

Une organisation hors gestion des flux absolument sans faille.

Des rencontres par dizaines, beaucoup de sourires, de joie, d’échanges.

Une ambiance que tu ne retrouves nulle part ailleurs.


Alors je ne sais pas Hellfest, je t’aime fort mais est-ce suffisant pour supporter tes défauts sur le long terme ?

Peut-être sommes-nous en train de prendre des chemins différents et qu’il vaudrait mieux se quitter en bon terme avant de nous détester ?

Seul l’avenir nous le diras…


Elodie

Envoyée Spéciale pour BGP MUSIC LIVE

 

Crédits photos : Remi ITZ / Ben TARDIF / David "Poussin" / Matt CHATENAY "Guiz"

 

After movie BGP - edition 2023


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