Mastodon – Chronik « HUSHED AND GRIM »



Reprise Records / Warner Music.

Et voilà, 4 ans après le fameux « Emperor of Sand » qui leur a valu une nomination et un Grammy en 2018, le 29 octobre 2021 Mastodon sort son nouvel album, « Hushed And Grim », chez Reprise Records / Warner Music.


Il est impossible de chroniquer cet album sans se remettre dans le contexte de la mort en 2019 de leur manager et ami, Nick John, qui a notamment inspiré l’artwork de la pochette de l’album et de nombreuses pistes, aussi.


Et s’il serait très stéréotypé de parler « d’album du renouveau », il est très clair que ça sera au moins celui de la transition pour moi.

Transition tout d’abord, par la nouvelle collaboration avec David Bottrill, producteur / mixeur / ingénieur qui a déjà notamment travaillé avec Tool, Muse et Dream Theater (entre autres).

Transition aussi, avec le choix de sortir pour la première fois un double-album de 15 pistes.

Transition enfin, dans le choix du single et du clip qui avaient annoncés cet album, le puissant et très rythmé « Pushing the Tides » qui s’éloigne des titres purement sludges et progressifs du groupe.



Remettons-nous aussi dans le contexte pour cette chronique, car tu en auras lu pas mal ailleurs. Considère-moi comme une néophyte de Mastodon. Bien évidemment, je connais pas mal de morceaux, mais je ne suis pas une fan hardcore, garde le bien en tête. Et c’est donc parti pour 1h30 d’écoute !

Et bien, on peut dire : que de surprises il y a dans ce voyage éclectique et créatif ! « Pain with Anchor » est dans la même veine que le premier single : puissante, rythmée et extrêmement directe. « The Crux » suit à première vue la piste précédente mais reprend la structure à tiroir plus commune à ce qu’on peut connaître du groupe. Sur ce morceau, on commence aussi déjà à entrevoir ce qui pour moi sera un leitmotiv de tout l’album selon moi, des rythmes clairement blues, surtout sur les solos de fin. « Sickle and Peace » nous ramène en terrain connu : le titre est très prog, porté par l’utilisation de violons. Le décalage entre le rythme de la voix et celui de la musique la rend totalement hypnotique. « More than I could chew », premier morceau sludge de l’album, est pour moi un ovni avec son intro au clavier et ses phases si différentes les unes des autres. « The Beast », enchaîne clairement des passages blues (oui, oui, j’ai utilisé le bon terme, on en reparlera) par son intro, le vibrato de la guitare et le chant unique de Troy Sanders en alternance avec les parties prog portées par Brann Dailor. « Skeleton of Splendor », beaucoup plus calme, presque mélancolique, offre une vraie démonstration du travail fait sur la répartition des parties chantées. C’est cohérent, c’est fluide et oui, c’est beau. On passe totalement dans un autre monde avec « Teardrinker » beaucoup plus rythmée, et clairement plus accessible avec un solo presque pop (oui j’ose) à un moment. Un single en puissance.


Le premier CD se termine sur « Pushing the Tides » dont j’ai déjà parlé en intro et que tu as surement déjà écoutée (si ce n’est pas le cas, file et reviens après, le clip réalisé par Lorenzo Diego Carrera est clairement à voir). « Peace and Tranquility » ouvre donc le second CD. Et encore une fois, parfaite transition, car elle est dans la même veine que la précédente dans son intro et dans son refrain très marqué. « Dagger » est selon moi le second ovni avec ses influences amérindiennes. C’est lourd, hypnotique. La batterie est juste incroyable. « Had it All » laisse une grande place à l’acoustique et à la voix incroyable de Troy (oui, tu as compris où allait ma préférence). « Savage Lands » est un enchaînement déroutant. On est sur un morceau presque heavy, plus court. Retour au sludge avec « Gobblers of Dregs », mais pas que. L’alternance de voix liées aux passages est encore impeccable, au-delà de ça, je dirais même intelligente. Le break est surprenant et le solo final très metal/blues. En parlant de blues, on enchaîne avec « Eyes of Serpents » avec son intro et son final qui font vraiment écho à ce genre. Le solo est assez jouissif soit dit en passant. Le voyage se termine avec « Gigantium » que je classe dans les morceaux plus accessibles. Le duo de voix est très marqué, plus « proche ». Le break m’a fait directement pensé à du Godspeed You ! Black Emperor. Le solo final est à nouveau plus heavy. A nouveau, une belle place est laissée aux violons. Clairement, une dernière piste comme il se doit.


Et bien voilà, écoute terminée ! Une chose est certaine, je sens bien que je suis face à un album qui sera loin d’être anodin dans l’histoire du groupe.

Dans ce mélange des genres, il y a tout de même au final des éléments que je trouve communs à toutes les pistes : c’est tout d’abord la batterie absolument incroyable tout du long, cet aspect « blues » de nombreux riffs et solo, et le travail considérable sur la construction des morceaux autour des différentes voix qui sert impeccablement chacun des morceaux de par la cohérence des passages attribués à l’un et à l’autre.


« Hushed and Grim » est ambitieux, puissant, à la fois différent et rassurant. Je le répète, il est selon moi une étape très importante dans la discographie de Mastodon et deviendra, j’en suis certaine, une référence.


Elodie Pour BGP MUSIC LIVE


En écoute par ici :

https://mastodon.lnk.to/sickleandpeace


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