"Aurore" de GONEZILLA (Chronik by ORKHYS)


Sortie : Mai 2022



Si tout le monde peut avoir un avis à propos d’un groupe ou d’un album particulier, le développer afin de le transformer en une chronique détaillée est un exercice autrement plus délicat. Il l’est d’autant plus lorsqu’il s’agit d’aborder un style dont celui qui tient la plume n’est pas des plus familiers.


C’est pourtant ce dans quoi nous nous sommes lancés à la demande de BGP Music Live lors de la semaine consacrée à notre groupe ORKHYS (merci encore à vous!) et c’est aujourd’hui du dernier album de GONEZILLA dont nous allons vous parler. Après avoir sorti un premier album en 2016 baptisé “Chimères”, le groupe de doom-gothique lyonnais formé en 2011 lui donne un successeur en cette année 2022 du nom d’”Aurore”.


Ce qui frappe dès les premières secondes, c’est ce son relativement éloigné des standards du doom (notamment scandinave). Ici, malgré une musique bien ancrée dans son style (qui ne manque pas de variations, on y reviendra plus tard) les sonorités tirent davantage vers le garage rock, voir grunge, que sur les habituels murs de réverbe ambiance cathédrale. En découle une ambiance générale assez cryptesque et poisseuse plutôt que le froid sec de la nef.


La galette s’ouvre sur une intro arpégée surmontée d’une guitare lead plaintive enchaînant très rapidement sur un “Les Couleurs de la Nuit” rentrant directement dans le vif du sujet. Pas de doute possible, pas de power enflammé ou de glam bariolé, ce premier morceau porte son nom à merveille, il annonce la couleur, celle de la nuit qui nous suivra tout au long de l’écoute, telle la pierre tombale qui cache le cimetière.


Si l’ensemble se veut donc assez sombre et occulte, l’ombre de la mélancolie plane également sur la totalité des titres. On pourra d’ailleurs remarquer que si les ambiances torturées dominent sur première moitié de l’album (“Hominem Te Esse”), la tendance s’inverse progressivement sur la seconde moitié, plus aérienne et mélancolique.


Le travail sur les voix est assez intéressant, tant sur les harmonies de Karen, qui nous offre par moment quelques lignes sortant de l’ordinaire (les vocalises orientalisantes sur “L’Ecueil des Âmes”) que sur les growls caverneux de Florent qui ajoutent de la profondeur au propos.



Globalement, les morceaux sont suffisamment différents les uns des autres pour que des auditeurs totalement novices au style pratiqué n’aient pas l’impression d’un effet répétitif. Les quelques changements de rythmes bien sentis (par exemple sur “Ekho”) ou d’autres éléments singuliers (les quelques cordes symphonisantes sur la fin de “Limbes” ou encore l’intro à l’alto sur “Le Songe d’Eurydice”) permettent d’éviter le piège classique de la monotonie et rendent l’écoute digeste.


La plupart des passages arpégés de guitares clean sont également extrêmement bien sentis et peuvent rappeler, de loin, les passages les plus mélancoliques d’un INSOMNIUM. L’ajout ponctuel d’une guitare acoustique sur certains de ces passages (comme sur l’intro et le pont de “Le Marcheur de Rêves”) ne fait qu’enrichir le propos tout comme la batterie inspirée de Florent.


Côté production, on est en présence d’un mix plutôt clair, où l’on distingue bien tous les instruments, notamment la basse de Clément qui donne vraiment une identité sonore aux morceaux. On pourrait néanmoins espérer donner un peu plus d’ampleur à l’ensemble, de volume, de résonances (notamment la batterie).


Pour conclure, c’est un album qui ne marque pas forcément à la première écoute mais qui se dévoile au fur et à mesure. Même si un néophyte n’y trouverait pas forcément son compte, la musique de GONEZILLA comporte certaines qualités évidentes (notamment la distinction entre chacun des morceaux) qui pourrait aisément séduire l’amateur du genre, car s’il est résolument classique dans ses intentions, cet album apporte une certaine fraîcheur de par son approche sonore originale et l’incorporation d’éléments assez inédits.


By Brice with Henri et Lancelot



Merci à ORKHYS d'avoir bien voulu le jeu de la chronik d'un autre groupe !


Pour vous procurer l'album c'est par ici :





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