BLACKBEARD - Chronik de New Horizon -



J’aime quand ça sent à l’avance la bonne découverte à ce point ! Je n’ai lu que quelques lignes sur Blackbeard (groupe français savoyard qu’on va classer dans l’alternatif là juste pour l’intro, vous allez vite comprendre pourquoi) et leur album New Horizon sorti ce 8 octobre 2021 chez M&O Music: « autant inspiré par le stoner, le rock progressif, le metal, mais aussi l’électro, le groove, le punk… » Vous avez dit « stoner » ? Sur ce petit mot, je suis allée écouter très rapidement le milieu de « Sorry » et il m’a fallu environ 3 secondes 2 pour dire que c’est moi qui ferai cette chro. A vrai dire j’aurais pu même jouer ça au combat dans la boue face à mes collègues du haut de mon mètre 63 s’il avait fallu. Fort heureusement, il n’y en a pas eu besoin…

Donc on y est, début de l’écoute : 8 pistes, 34 minutes.


Bon bah je galère, d’habitude j’écris d’une traite pendant l’écoute. Mais là je me suis juste laissée happer tout du long. En un mot : les poils quoi (et pas de barbe, non je ne fais pas de jeux de mots pourris). Alors on reprend.


L’album s’ouvre avec « Vultures ». Au-delà de la voix (mais cette voix ! pardon, ces voix d’ailleurs : Blackbeard a la particularité d’offrir un duo de (très bons) chanteurs), ce qui marque tout de suite, c’est le mélange des genres mais avec des sonorités effectivement très post. On est vraiment dans une histoire à chapitres, qui s’enchainent dans une cohérence parfaite. D’ailleurs, c’est le moment de parler de la production, impeccable : pas besoin d’écouter très longtemps pour s’en rendre compte.

On enchaine avec « Helpless » et on change de monde à première vue. C’est plus groovy dans le son, et dans la voix, parfois oriental, mais toujours avec cette ligne prog et stoner annoncée d’emblée (et ça faisait beaucoup trop longtemps que je n’avais pas entendu du bon dans cette catégorie). Ça monte au fur et à mesure. A nouveau, je me laisse porter par l’histoire qu’on est en train de me raconter.


Blackbeard a le don de transmettre des émotions très rapidement et on change d’émotion dès les premières lignes de « Beautiful », très mélancolique. Ah non pardon ! Bref, je veux spoiler personne, parce que c’est vraiment de ça dont on parle : ça se confirme avec cette troisième piste, il s’agit bien de 8 petites histoires et c’est pour ça que je n’ai pas pu écrire cette chro au fur et à mesure à la première écoute. On n’interrompt pas quelqu’un qui te raconte des trucs aussi passionnants. Et ce break…


« The Unknown, Pt. 2 » fait directement référence à la partie 1 que vous pouvez retrouver sur l’EP sorti en 2019. C’est un morceau plus planant, presque reposant après toutes les pistes précédentes qui transpirent la colère (larvée ou non).

Pour « Addicted to », les tonalités sludges/prog combinées à la voix criée dès le départ m’imposent l’image de Neurosis dès le départ et je ne m’en déferai pas jusqu’à la fin. C’est un peu chiant les comparaisons, mais c’est pour moi une évidence (et un compliment). Ma piste préférée pour le moment, même s’il est très dur de choisir entre tous ces petits bijoux.

Oh l’enchainement avec « Another Face », je n’étais pas prête ! On sort du rythme très lourd, presque oppressant de « Addicted to » pour aller vers un morceau plus metal dans ses riffs et sa construction. La preuve ? je secoue la tête.


Arrive « Sorry », (tu sais, la chanson que j’ai écouté 3 secondes 2 et qui m’a convaincue de faire cette chro !) et le hasard avait bien fait son œuvre. Elle est vraiment à part celle-là avec ses accents beaucoup plus doom et le duo de voix, encore plus impressionnant que sur le reste de l’album.


L’album se termine (déjà, car malgré l’influence stoner/sludge/prog, les pistes sont courtes pour qui est un habitué de ces genres) sur l’éponyme « New Horizon », plus « léger » dans ses sonorités (mais note les guillemets quand même).

Et bah c’était très, très bon. Je l’avais dit que ça sentait la bonne découverte.

La moindre chose qu’on puisse dire, c’est que cet album ne peut pas laisser indifférent pour qui veut se laisser embarquer. C’est original, bien construit et extrêmement puissant musicalement et dans les émotions envoyées directement dans ta tronche. Je viens de passer une après-midi entière sur ce texte tellement je suis partie loin plus d’une fois et tellement ce disque mérite plusieurs écoutes de par les chemins différents que prennent chacune des pistes. Très clairement un de mes plus gros coups de cœur 2021. A suivre de très, très près. Et bien évidemment, j’espère pouvoir entendre cet album en live bientôt.


Elodie DH.

Pour BGP MUSIC LIVE




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