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Interview Niko de TAGADA JONES // Warmup Hellfest 2022 (Bordeaux le 4 mai 2022)

Dernière mise à jour : 7 mai 2022


Crédit photo : D.J S


Bonjour Niko (frontman de Tagada Jones ).

Je suis Dj et je te remercie ( on a convenu qu'on se tutoyait... ) de m'accueillir pour cette interview et d'accepter de répondre à quelques questions pour BGP Music Live.

Dj : Nous sommes ce soir à Bordeaux dans la salle de la RockSchool Barbey et vous êtes à 4 dates, celle-ci comprise, de la fin de cette tournée « WarmUp Hellfest » ; on se dit quoi à ce moment là : Enfin bientôt la fin ou plutôt : quoi déjà ? Niko : Non on se dit plutôt « Ah, déjà », parce que ça passe à une vitesse incroyable et quand tu regardes mine de rien les enchaînements de dates, dix-sept dates à faire en dix-huit jours, c'est une chose que nous artistes européens on a moins l'habitude de faire que les artistes américains qui lorsqu'ils viennent en Europe enchaînent les dates. Pour nous c'est une belle période de dates mais tu pars un peu en te disant que ça en fait pas mal d'affilées et tu stresses pour ta voix sans savoir si elle va tenir ; c'est le stress des chanteurs parce que les « autres » ( les musiciens ^^ ) ils peuvent faire la fête autant qu'ils le veulent. Eux, ils ont un problème ils n'ont qu'à changer leurs cordes le lendemain tout va bien mais toi tu ne peux pas, tu dois être présent avec ta voix sur scène. Mais en fait ça s'est passé super bien ; les premières dates passent trop vite, il y a une méga ambiance et on est bien content car tous les gars de l'équipe nous disent « Ouha c'est la meilleure ambiance qu'il y a sur toutes les tournées des WarmUp du Heffest ; vraiment trop sympa. Donc oui, on se dit tous qu'on est déjà à quatre dates de la fin !

Dj : Cette fin de tournée aura lieu à Nantes ce samedi 7 mai et comme en 2019, vous êtes à l'affiche de ce grand final ; est-ce que cette date revêt un caractère particulier pour vous ? Plus grande salle ( Palais des Congrès ), deux fois plus de concerts, un public qui se déplace en masse. Niko: En fait, tu vois, c'est un petit peu particulier pour nous ; tu sais on a fait les dates du « Gros 4 » dans les Zénith ; là on a fait huit Zénith, on a fait aussi notre festival « On n'a plus 20 ans » et tout ça ce sont de grosses capacités ( entre 5000 et 8000 personnes ), j'ai pas envie de dire « Ouais, on est habitué » ( l'air blasé ) mais on en a fait beaucoup ces derniers temps et donc forcément tu t'habitues vite à prendre tes aises sur une grande scène. On est plutôt très contents de retrouver aussi une belle date, une grande salle ce samedi ; faut être quand même réaliste, le plus important ça reste l'osmose avec le public ! Que la salle soit grande ou petite, l'important c'est l'échange avec notre public.

Dj : Et quels souvenirs gardes-tu de Nantes 2019 ? Niko: C'était mortel parce que du coup Nantes 2019 c'était le premier Zénith que l'on faisait avec Tagada ! C'est vrai qu'on avait une petite appréhension tu vois. Le public était à fond. On a pas l'habitude de jouer dans une salle avec des places assises et c'est le tiers de la salle quand même ! Finalement ça s'est super bien passé ; c'était une inconnue et finalement il y avait une ambiance de dingue !


Crédit photo : D.J S

Dj : D'ailleurs si on s'attarde cinq minutes sur l'affiche de Nantes 2019 , on retrouve Mass Hystéria, Ultra Vomit et vous ; ce, qui en dehors de Dagoba, fait l'affiche du Gros 4 ; Il y a-t-il un lien entre cette date et la création du « Gros 4 » ? Niko: Non en fait il n'y en a pas. Le « Gros4 » c'est une chose que l'on devait faire depuis très très longtemps. Ca faisait huit ans qu'on devait le faire et à la base, c'est Yann de Mass Hystéria qui avait eu cette idée-là en voyant le « Big4 » ( version US ). Puis si tu veux c'est vraiment le côté « le faire à la française » avec des groupes français qui tournent beaucoup qui se connaissent bien, qui chantent en français : parce que c'est ça la grosse particularité ! Indirectement, je pense que le Hellfest a eu envie à un moment de mettre en lumière les groupes français qui tournaient le plus et c'est pour cela qu'il y a eu cette scène « maintstage » au Hellfest et cette événement de clôture du Hellfest WarmUp 2019. Le lien direct ça reste ces groupes qui chantent en français et qui jouent le plus mais c'est tout.

Dj : Comment les autres groupes ont-ils accueilli cela lorsque Yann a émis cette idée ? Cela a été facile de convaincre tout le monde ? Niko: Si on a mis sept ans à le faire c'est bien parce que c'était compliqué en terme de planning. Compliqué aussi à cause des tourneurs : trois tourneurs différents..Il y avait des désidératas qui n'étaient pas compatibles avec ce genre de projet ! Pour ce genre de projet, tout le monde doit faire un pas en avant vers son prochain j'ai envie de dire. Si chacun campe sur ses positions en disant « moi je ne veux pas, moi pas ça... » ; un projet collectif n'est possible que si tout le monde y met du sien. Les groupes se sont de suite adaptés par contre les différents tourneurs entre eux, moins !


Dj : Mais alors, qui a pris le leadership ? Niko: Ce qu'il s'est passé, c'est qu'avec « Rage Tour » avec les mois passants, on s'est retrouvé avec trois groupes, parmi les quatre, en tournée ; on a alors directement discuté avec « Les Mass ». A cette époque Mass faisait son Zenith tout seul et on devait déjà faire le « Gros4 » mais on avait été un peu surpris de leur choix de management, de leur boite de production décident de leur faire faire des Zenith à eux tout seul. Tous les choix se respectent, c'est comme ça ; mais du coup on a fait un Zénith à trois groupes et Mass son Zenith à

Crédit photo : D.J S


lui...Notre Zenith avait beaucoup plus fonctionné ; il y avait plus de monde tout ça...Je suis donc retourné vers Yann en lui disant « c'est quand même con, l'idée de base il faut qu'on le fasse ensemble... » Yann a dit tout de suite oui alors on s'est tous regroupés vers l'équipe du « Very Show » qui les fait tourner et puis voilà. Tout ça presque facilité par le Covid. Si il y a bien un point positif à trouver à ce « Covid » c'est que ça a remis les plannings en phase pour tous les artistes !

Dj : Justement, vous avez débuté cette tournée du Gros 4 avant la WarmUp et vous allez la poursuivre après...Comment vous gérez la successions des concerts ? Est-ce qu'on fait « step by step » ou on s'impose une hygiène de vie plus stricte ? Niko: Bon on a quand même un peu l'habitude ; tu connais un peu tes limites ; tu fais un petit peu plus attention à ne pas trop déborder même si je t'avoue un peu que c'est quand même la fête le soir. Dans un tour bus où il y a vingt-et-une personnes, il y en a toujours un qui a envie de faire la fête, alors forcément faut résister à la tentation...

Dj : Sur « A feu et à sang », vous avez composé un titre « Elle ne voulait pas » avec Didier ( Wampas ) ; un happening sur scène avec lui, ça vous aurait plu et lui avez vous émis l'idée ? ( ça fait rire Nico ! Un petit sourire en coin.. ). Niko: Bah ouais, parce qu'en fait si tu veux, on le lui a proposé ! Et fidèle à son habitude il a tout de suite dit « Oh ouais super », puis au moment de le faire, le jour où on l'a fait ( Nico prend la voix d'un petit vieux pour l'imiter!) « Oh les mecs vous jouez trop

tard, moi j'suis un vieux, je veux pas jouer comme ça » ! « Ment pas, tu connais pas encore les paroles », je lui ai répondu en plaisantant mais j'ai espoir que ça se fasse un jour ! C'est l'idée quand tu fais une collaboration : la jouer sur scène.

Dj : Lorsqu'on est « Tagada Jones » et qu'on est sur scène depuis vingt ans, c'est facile de garder cette envie, pour composer, poursuivre le projets quand des membres sont partis et d'autres venus ? Niko: Ouais, ça se fait assez naturellement. Tu vois t'as des gens qui ont envie d'arrêter mais ça c'est normal ; il faut avoir la franchise, quand tu es un groupe de « rock » de savoir dire stop au bon moment ou de te mettre en pause si à un moment tu le sens pas. C'est une musique où on n'a pas le droit de tricher et il faut garder cette osmose entre le public et le groupe. Le groupe doit donner beaucoup ! Même si le public fait sa part, à la base, c'est le groupe qui envoie le premier « élan ». Nous on y trouve toujours note compte parce que notre vie a toujours été construite comme ça ; c'est une vraie passion de rencontrer les gens, c'est dans notre ADN, même humaine. Nous sommes quatre gars qui nous entendons parfaitement bien et on aime partir à la découverte des gens, de nouvelles cultures. On adore voyager, découvrir plein de choses et c'est ça qui fait que la source ne se tarit pas, tu vois ? Parce si tu commences à le prendre à la légère, on en a vu beaucoup des groupes comme ça, qui font juste ça comme un boulot alimentaire, ça ne marche plus du tout ! Tout ceux qui ont arrêtés « Tagada Jones », c'était pour changement de vie personnelle, Mais là le groupe actuel, ça fait quand même dix ans qu'on est ensemble . Waner, le bassiste, est le dernier arrivé.

Dj : Le confinement a-t-il eu un effet positif tant créatif que personnel ? Niko: Il a forcément eu le même effet que sur chacun d'entre nous ; tout les individus se sont retrouvés à se recentrer sur eux-mêmes un moment, à se dire tout s'arrête net, le speed autours de nous s'arrête ; la vie va très très vite et de plus en plus vite et là plus rien ! Et tu vois la nature reprendre ses droits à vitesse grand V, la campagne, les oiseaux et ça, ça a touché tout le monde. A un moment on a peut-être été trop loin ! Cette dépendance au capitalisme ; en plus nous c'est une chose qu'on dénonce !

Dj : Tu me fais une super transition Nico ! Vous qui êtes engagés, ancrés dans la vie, dans ce qu'il se passe autours de vous, quel regard vous portez, enfin TU portes car lorsque je dis « vous », c'est pour parler au nom de Tagada, sur la société en général ? Niko: On est, je pense, dans un moment charnière peut-être de nos civilisations modernes où le monde virtuel prend le pas sur le monde réel et le confinement n'a pas aidé à conserver les vraies valeurs humaines et nous c'est ce qui nous parle énormément ! Quand il y a des concerts, il y a plus que la musique qu'il se passe. Les gens qui se rencontrent, qui discutent et boivent un coup ensembles, ça, ça ne se remplace pas...Vivre virtuellement c''est pas quelque chose que l'on prône même si les jeunes sont tous là-dedans, je suis pas persuadé que ça débouche que sur du positif. Je suis persuadé qu'un jour ou l'autre il y aura un stop par rapport à ça ! A côté de ça, on voit des phénomènes récurrents qui reviennent, comme la guerre, Poutine ; ce qu'il fait, c'est inacceptable, comme toutes les guerres dans le monde et du côté occidental ce n'est pas mieux lorsqu'on regarde du côté des USA et de ce qu'ils ont fait en Afghanistan..Nous les amis Russes qu'on a de notre côté, ne sont pas coupés des réseaux sociaux, contrairement à ce que l'on entend ; ils ont absolument tous contre la guerre en Ukraine et ce sont des gens, le Peuple, qui ont les mêmes valeurs et les mêmes envies que nous.


Dj : Quels sont vos projets pour l'avenir ? Un avenir à six mois, à cinq ans et à dix ans ?! Niko: A six mois on va continuer à tourner parce qu'on commence à peine à faire les scènes avec notre dernier album ! Donc déjà 2022 c'est déjà très rempli avec les reports 2020 plus 2021 plus quelques dates qui se sont ajoutées ; on est donc super full. 2023 on a déjà pas mal de dates programmées et on va essayer de se remettre sur notre projet de tourner à l'étranger mais pour l'instant c'est un petit peu compliqué ; donc l'étranger ce sera 2023/2024 je pense ! ( On avait dit 6 mois ! Rires ). A cinq ans, je pense qu'on aura fait un autre album, si tu veux c'est un peu ça l'objectif et sûrement remonter cette tournée mondiale qu'on avait préparé pour cet album là ( A feu et à sang ). On achetait un billet « Tour du monde » et on s'arrêtait dans vingt-sept pays mais le Covid a tout fait sauter ; maintenant que tout reprend, on ne peut pas remonter, ça prend du temps , donc on le prévoit pour le prochain album. Dans dix ans, j'espère qu'on sera toujours là et moi j'approcherais de la soixantaine mais j'espère qu'on sera toujours animés par la même passion de la musique. Dans l'équipe on a malheureusement perdu notre plus jeune, le sonorisateur qui est décédé d'un cancer et donc dans dix ans, je nous souhaite d'être encore sur scène avec le public !

Dj : Quelle est la question que tu détestes qu'on te pose ? Niko: Ah, celle que je déteste c'est « Alors, racontez-moi Tagada ! ». Au bout de vingt-cinq ans c'est toujours la même chose, voilà quoi, c'est plutôt celle-là !

Dj : On a tous une chanson qu'on aime mais qu'on n'assume pas ! Niko : J'en écoute plein de la «merde », si tu savais ce qu'ils écoutent dans le tour-bus ! J'ai envie de te dire «Chui pas seul » ( à haute voix ! ) ; j'irai plus loin, je dirais que tous les morceaux pourris je ne les assumais pas mais maintenant je les assume ! Parce que je trouve justement qu'on a le droit de rigoler et que c'est pas parce qu'on fait un style de musique « dur


Crédit photo : D.J S


et engagé » qu'on peut pas se marrer...J'ai un titre qui me fait bien marrer et que les gens ne connaissent pas forcément « Qui veut garder mon crocodile cet été » d'Otawan ! Faut que les gens aillent l'écouter, ça va les faire marrer !

Dj : Pour clôturer cette interview et te laisser le mot de la fin : tu as envie de répondre quoi à tes détracteurs, ceux qui trouvent qu'on vous voit « trop, tout le temps, partout » ? Tu réponds si tu en as envie ! Niko: Bah si je vais répondre puisque c'est quelque chose qui me concerne ! Et je vais y répondre fièrement ! En fait, je trouve que pour moi qui suis tourneur ( Rage Tour ), c'est plutôt un compliment que les gens trouvent qu'on nous voit trop parce que ça veut dire qu'on fait très très bien notre boulot. On est parti de rien, aussi bien le groupe que la structure qu'on a crée nous même ; donc je les invite à faire exactement ce qu'on a fait et je leur souhaite un jour qu'on leur dise qu'on les voit trop. Voilà c'est tout, c'est hyper simple en fait ; c'est juste de la jalousie en mon sens. s'« ils » nous voient trop, ils ne viennent pas aux concerts qu'ils jouent, "passe ton chemin et va voir un autre groupe que t'as envie de voir !" Par contre jalouser cette sorte de réussite, qu'ils fassent la même chose ; en plus je sais, parce qu'on a un peu suivis les réseaux sociaux, que ceux qui nous critiquent comme ça, c'est un réseau de « petits groupes » qui jalousent la réussite de Rage Tour et de Tagada Jones ! Bah faites la même chose ! Nous on a pas attendu que quelqu'un nous prenne par la main pour nous mettre sur une scène. On a tout géré tout seul et ils sont incapables de faire ce qu'on a fait !


Dj : Voilà qui a le mérite d'être clair et merci pour cette franchise ! Merci encore Nico pour ce moment chaleureux et agréable passé ensemble et d'avoir pris plus de temps que prévu pour répondre à ces questions pour BGP Music Live !

Niko: merci à toi et à tout à l'heure ! ( pour le concert ).


C'était Dj.

pour BGP MUSIC LIVE

Crédit photo : D.J S

Crédit images : Grindinghell (chaine Youtube)

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