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ChroniK de HEMEROPLAN – Album «HIGH TIDE»


HEMEROPLAN – Album «HIGH TIDE» – 03 Février 2023

Label/Production : KLONOSPHERE – Season Of Mist

Artwork : Vaderetro

Photo : Faallaway


Hello les jeunes Siths !


Un petit peu de progressif, ça vous tente ?


C’est vrai, en général, je n’ai pas pour habitude de faire dans la dentelle, d’aucun pourrait penser que je suis un gros bourrin de coreux (hardcore, metalcore, deathcore, mathcore…) ou de death/blackeux… mais non, vous vous méprenez, en fait il n’en est rien… il y a aussi un peu de douceur dans ce petit corps tatoué ;)

Pour preuve, gros fan de Klone, je n’ai rien loupé de la sortie de Meanwhile (chronique sur BGP du 08 Février 2023 faite par Elodie) et c’est avec engouement que j’ai pu assister au show Parisien au Trabendo le 11 février dernier…

Ainsi, quand la Klonosphere a proposé de s’intéresser à certains de ses poulains, je ne me suis pas fait prier, les groupes étant systématiquement de qualité…

Mon choix s’est donc d’abord porté sur Hemeroplan… pourquoi ? Et bien tout simplement car le nom m’était strictement inconnu et surtout… Il m’intriguait…


Après quelques recherches infructueuses sur le net histoire d’essayer de trouver les origines de ce nom « mystérieux »… j’ai rapidement posé la question au groupe car parfois, c’est plus simple de faire de la sorte plutôt que de se faire des nœuds au cerveau (pragmatisme ou flemme, je vous laisse choisir !)… et cerise sur le gâteau, le groupe, très disponible, n’a pas hésité à éclairer ma lanterne, encore merci à eux ;)


Donc derrière ce nom (pas si mystérieux que ça en fait !) se cache la contraction de Hemeroplanes Ornatus, nom d’une chenille qui se mue en tête de serpent pour que les prédateurs potentiels gardent leurs distances… Perso, ça n’a fait qu’attiser mon envie d’en savoir un peu plus sur le groupe... et sur la chenille aussi, vive les documentaires ARTE ☺

Mais avant de s’attarder sur le contenu, une fois n’est pas coutume, je vais rapidement vous parler de la pochette que je trouve magnifique ; simple et efficace, elle est l’œuvre de Vaderetro qui a entre autres, produit des illustrations pour The Ocean, le Motocultor… rien que ça ! Selon moi, la pochette reprend directement ou indirectement des thèmes abordés dans l’album, mais ça, c’est très subjectif, je vous laisserai juger.


En parlant de The Ocean, c’est une des influences du groupe, on sent bien également la « patte » Klone et plus particulièrement du chanteur, Yann LIGNER, qui a fait les arrangements du chant. Il y a également des revendications comme Tool, Katatonia… mais honnêtement, après avoir poncé l’album pendant plus d’une semaine, il y a certes quelques patterns de ci de là mais globalement, on est sur un disque et un groupe avec une réelle identité, aucune repompe, tout est personnel, de bout en bout… et c’est ça, à mon humble avis, qui m’a touché en premier lieu, et qui va forcément vous toucher…


Le deuxième effet kisscool est que les textes, tirés d’expériences vécues et tournant autour des thèmes de l’emprise et de l’addiction, sont forts et accentuent davantage le sentiment de mélancolie qui ressort bien souvent des mélodies.

Pour finir, l’aspect technique vient enfoncer le clou… tout est parfaitement maîtrisé, ça joue bien, c’est varié, inspiré et inspirant… les plans de batterie me parlent beaucoup (contretemps, asymétrie…) et répondent parfaitement à des solos et rythmiques dignes d’un Dream Theater ou d’un Joe Satriani… rien que ça !

La basse n’est pas en reste, elle est omniprésente avec un groove bien marqué qui vient approfondir le jeu tantôt lourd, tantôt aérien, de la formation.

Venons-en aux textes et aux différents morceaux. Il est clair que les chansons ne respirent pas la gaieté, ça prend au bide, clairement, et les émotions sont là, dans la musique et les textes, le tout souligné par un chant mélodieux et maitrisé sur l’ensemble de l’album.

Décorticage des titres !


Commençons par « Fear » qui, fait qui m’a marqué, présente un texte court, interprétable et potentiellement à plusieurs sens… une chose est sûre, il dégage de ce morceau une solitude oppressante et une profonde tristesse soulignées par la lourdeur des riffs et un jeu de batterie pesant, à la limite du martial. Une belle entrée en matière après une introduction très douce.

« The call » : le rythme est plus marqué sur ce morceau, alternant entre rythmes mélodiques et passages nettement plus lourds. Contrairement à « Fear » qui laisse présager une descente aux enfers, voire une dépression, « The call » semble plus optimiste… a priori seulement… le jeu rythmique batterie/guitares est excellent et le solo de guitare en fin de morceau vient donner un sentiment d’ascension et d’envolée à l’auditeur (le protagoniste sort-il la tête de l’eau ou bien au contraire, s’envole-t-il vers les cieux ?) ; point qui est fort agréable à l’oreille. Le morceau se termine par un petit pattern qui rappelle l’introduction ainsi que le premier morceau (piste 2) « Fear », je trouve ça très fin et bien vue pour assurer le fil rouge de l’album.

« Six feet over » : sur ce morceau, la patte Klone est un peu plus marquée d’un point de vue musical et vocal. Se dégage une nouvelle fois un sentiment de mélancolie, accentué par un titre très évocateur. Même si les paroles font pressentir une certaine introspection, de la volonté, du soutien extérieur… plane malgré tout le risque de récidive et de rechute… un morceau très fort à tous points de vue.

« Omniscience » : autant les trois précédents morceaux peuvent être interprétés de plusieurs façons, autant « Omniscience » ne passe pas par quatre chemins, les addictions et ce qu’elles provoquent sont très clairement évoquées. On peut imaginer la perte d’esprit et de maîtrise de la propre vie du protagoniste… D’ailleurs, autre fil rouge de l’album, Ethan, qu’on pourrait apparenter à une personne physique ou au contraire une allégorie tentatrice, n’est autre que la contraction d’Ethanol… la messe est dite ! Le rythme de « Omniscience », globalement planant, accentué par un solo reprenant des patterns à la Satriani, fait ressentir un réel spleen malaisant. Ce titre est plein d’émotions, vous le verrez.

« These walls » : autre morceau qui met littéralement en avant le concept central de l’album ; le narrateur est emprisonné par ses addictions, on ressent une profonde détresse autant par les paroles que par le chant. J’aime beaucoup les mélodies de ce morceau qui me font penser (surtout à partir de la troisième minute) à du Dream Theater (même si après échange avec le groupe, ce n’était pas du tout recherché). « These walls » s’enchaine directement avec le morceau instrumental « Amplitude ». Cette piste est caractérisée par du saxophone faisant presque office de chant… c’est planant et plutôt bien vue pour ponctuer l’album et apporter une autre dimension au récit.

« Towards the abyss » : superbe morceau, celui que je préfère en tous cas, avec des riffs bien lourds et accrocheurs et un chant imageant parfaitement le désespoir et la « rechute » évoquée dans le texte. Le texte est simple mais efficace, on sent que ça sort des tripes du groupe. Avec le recul, c’est un exercice très personnel qu’Hemeroplan nous présente ici, sans doute pour cela que tout y est abouti et poussé à l’extrême. Clip vidéo ci-après :

https://www.youtube.com/watch?v=79zri-i3o7A

« Verisimilitude » : conclusion instrumentale de l’album, reprenant les notes de l’intro ce qui permet, si on écoute l’album en boucle (comme moi !) d’avoir une continuité, un sorte de cycle cohérent. Personnellement, je trouve ça bien vue même si l’auditeur se doute de l’issue tragique pour le protagoniste de l’album.

Bref, vous l’aurez compris, pour un premier album, le jeune groupe (formé début 2019) tape fort, très fort même, forgeant son identité par un jeu construit et riche poussés par l’apport notamment du saxophone sur « Amplitude » ainsi que des textes évocateurs gravitants autour des addictions et de leurs dommages, véritables sujets de société. Je vous invite vraiment à découvrir Hemeroplan, le groupe mérite une attention particulière. J’ai hâte également de les découvrir en live, voir si l’énergie qui se dégage de l’album se transmet également en concert.


Sur ce, je vous laisse, bonne écoute et à bientôt pour une nouvelle chronique.

Que la force soit avec vous !


Poussin

pour BGP MUSIC LIVE


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